Vous faites attention à ce que vous mangez. Vous avez réduit les aliments très sucrés, vous cuisinez davantage, vous essayez de bouger régulièrement… et pourtant, la balance ne bouge pas, ou très peu.
Et forcément, au bout d’un moment, une question revient : « Qu’est-ce que je fais mal ? »
Peut-être rien.
Parce que la perte de poids ne dépend pas uniquement du fait de « bien manger ». L’alimentation compte, évidemment, mais elle s’inscrit dans un ensemble beaucoup plus large : vos besoins, votre niveau d’activité, votre masse musculaire, votre sommeil, votre niveau de stress, votre contexte hormonal, certains traitements ou encore votre fonctionnement métabolique.
C’est d’ailleurs particulièrement fréquent chez les femmes que j’accompagne : elles ont souvent déjà fait beaucoup de choses. Elles ne cherchent pas une nouvelle liste d’aliments interdits ou un programme encore plus strict. Elles veulent comprendre pourquoi, malgré leurs efforts, leur corps n’évolue plus comme elles le souhaiteraient.
C’est justement ce que nous allons explorer ici.
Manger équilibré ne signifie pas forcément manger de façon adaptée à vos besoins
C’est probablement la première chose à regarder.
On peut avoir une alimentation composée d’aliments de bonne qualité et malgré tout avoir une alimentation qui ne correspond pas totalement à ses propres besoins. Une femme qui travaille assise toute la journée n’a pas nécessairement les mêmes besoins qu’une femme très active. De la même façon, l’alimentation d’une femme qui manque de protéines, dort peu et grignote régulièrement ne se réfléchira pas comme celle d’une femme qui mange trois repas complets, fait du renforcement musculaire et récupère correctement.
Et il y a une autre nuance importante : « équilibré » ne signifie pas automatiquement favorable à une perte de poids. L’huile d’olive, les oléagineux, le fromage, le pain au levain, l’avocat ou le chocolat noir peuvent parfaitement avoir leur place dans une alimentation équilibrée. Cela ne signifie pas pour autant que les quantités n’ont aucune importance.
À l’inverse, manger toujours moins n’est pas non plus la solution universelle.
C’est pourquoi je préfère regarder l’ensemble d’une journée alimentaire : protéines, fibres, glucides, matières grasses, satiété, boissons et éventuels grignotages, mais aussi activité physique et rythme de vie.
L’objectif n’est pas de compter chaque calorie, mais de vérifier si ce que vous mangez correspond réellement à vos besoins et à votre quotidien.
Et lorsque l’alimentation est déjà plutôt bien construite, continuer à la restreindre n’est pas forcément la réponse. D’autres pistes peuvent alors mériter notre attention.
Votre glycémie et votre réponse à l’insuline méritent peut-être d’être regardées
Quand une perte de poids devient difficile, on entend beaucoup parler de glycémie, d’insuline ou de résistance à l’insuline.
Mais attention aux raccourcis : l’insuline n’est pas une “mauvaise hormone” qui empêcherait automatiquement de perdre du poids. Elle est indispensable, notamment pour permettre à notre organisme de gérer le glucose présent dans le sang.
Chez certaines personnes, la régulation de la glycémie et la réponse à l’insuline peuvent néanmoins mériter d’être explorées. Une difficulté à perdre du poids ne suffit cependant jamais, à elle seule, à conclure à une résistance à l’insuline.
C’est pourquoi je préfère croiser les informations. Lorsque cela est pertinent, les données biologiques que vous possédez déjà peuvent compléter nos échanges et apporter des informations supplémentaires sur votre situation, sans se substituer à un diagnostic médical.
Dans l’assiette, il ne s’agit pas de supprimer les glucides. La composition globale des repas, la présence de protéines et de fibres, le choix des glucides, mais aussi le mouvement et l’activité physique font partie des éléments que l’on peut regarder.
Et la régulation métabolique ne dépend pas uniquement de l’assiette : la qualité de vos nuits compte aussi.
Votre sommeil peut modifier bien plus que votre niveau de fatigue
Dormir mal pendant quelques nuits ne va évidemment pas « bloquer » une perte de poids.
Mais lorsque le manque de sommeil devient chronique, il peut aussi influencer la faim, les envies alimentaires, la récupération et notre capacité à rester active.
Vous l’avez peut-être déjà constaté : après une nuit très courte, il est généralement plus difficile d’avoir envie d’un repas équilibré et d’une séance de sport que de quelque chose de rapide et réconfortant.
Et ce n’est pas simplement une question de discipline.
C’est pourquoi, face à une femme qui me dit « Je mange bien, je fais du sport, mais ça ne bouge pas », je veux aussi savoir comment elle dort.
Son sommeil est-il réparateur ? Se réveille-t-elle plusieurs fois ? Se lève-t-elle déjà fatiguée ?
Parfois, vouloir optimiser encore davantage l’alimentation alors que le corps manque constamment de récupération n’est simplement pas la priorité.
Et cela nous amène à un facteur très lié au sommeil : le stress. Mais pas seulement celui que l’on ressent consciemment.
Le stress ne se résume pas au fait de « se sentir stressée »
Quand je demande à une femme si elle est stressée, il n’est pas rare qu’elle me réponde : « Non, ça va. Je gère. »
Et pourtant, en poursuivant la discussion, je découvre parfois des journées qui commencent tôt, un travail exigeant, une charge mentale importante, des enfants à gérer, des repas à anticiper, du sport à caser, des nuits trop courtes… et très peu de moments où elle ne doit réellement rien faire.
Elle ne se sent pas forcément stressée. Elle s’est surtout habituée à fonctionner comme ça.
C’est une nuance importante, parce que le stress ne correspond pas uniquement à l’anxiété ou au sentiment d’être débordée. Notre organisme doit continuellement s’adapter à ce que nous vivons : contraintes professionnelles, manque de sommeil, sollicitations permanentes, événements émotionnels, activité physique intense, restrictions alimentaires…
Pris séparément et ponctuellement, ces éléments font partie de la vie. C’est leur accumulation et leur répétition, sans récupération suffisante, qui peuvent devenir intéressantes à regarder.
Et le cortisol dans tout ça ?
On lit énormément de choses sur le cortisol et la perte de poids, notamment sur les réseaux sociaux.
« Vous avez du ventre ? C’est votre cortisol. »
C’est beaucoup trop simple.
Le cortisol est une hormone indispensable qui participe notamment à notre réponse au stress. Le stress chronique peut interagir avec différents mécanismes physiologiques et comportementaux impliqués dans la régulation du poids, mais cela ne signifie pas qu’un cortisol « trop élevé » explique à lui seul des kilos qui ne partent pas.
Dans la pratique, je m’intéresse donc moins à l’idée de « faire baisser le cortisol pour maigrir » qu’à une question beaucoup plus concrète :
Est-ce que votre quotidien laisse suffisamment de place à la récupération ?
Parce que le stress peut aussi influencer le sommeil, la façon de manger, les envies alimentaires, l’énergie disponible pour bouger… ou parfois cette tendance à vouloir toujours en faire davantage.
Faire toujours plus de sport n’est pas forcément la réponse
Quand le poids ne descend plus, le raisonnement peut sembler logique : « Il faut que je dépense davantage. »
Alors on ajoute une séance. Puis du cardio. On essaie de marcher davantage. On culpabilise lorsqu’on ne fait pas ses 10 000 pas. On réduit parfois encore un peu l’alimentation en parallèle.
Pourtant, l’activité physique ne devrait pas devenir une punition destinée à compenser ce que l’on mange.
Elle joue évidemment un rôle important, et ses bénéfices vont bien au-delà des calories dépensées : maintien de la masse musculaire, capacités cardiovasculaires, sensibilité à l’insuline, mobilité…
Lorsque l’on cherche à perdre du poids, l’objectif n’est d’ailleurs pas simplement de voir un chiffre plus petit sur la balance. On cherche idéalement à favoriser la perte de masse grasse tout en préservant autant que possible la masse musculaire.
Le renforcement musculaire peut donc avoir une vraie place, en complément du mouvement quotidien.
Mais là encore, plus n’est pas forcément mieux.
Si vous enchaînez les séances intenses alors que vous dormez mal, manquez d’énergie et récupérez difficilement, la question n’est peut-être pas :
« Comment puis-je brûler encore plus ? »
mais plutôt :
« Est-ce que ce que je demande à mon corps est adapté à mes capacités de récupération actuelles ? »
Adapter le type d’activité, sa fréquence et son intensité à la période que vous traversez peut parfois être beaucoup plus pertinent.
La régularité sur plusieurs mois compte davantage qu’une semaine parfaite suivie d’un épuisement complet.
Après 40 ans, le contexte hormonal peut aussi entrer dans l’équation
C’est souvent à cet âge que j’entends : « Je n’ai pourtant rien changé, mais mon corps, lui, a changé. »
À l’approche de la ménopause, les variations hormonales peuvent s’accompagner de modifications de la composition corporelle et de la répartition des graisses. Mais cette période arrive aussi avec d’autres évolutions possibles : sommeil plus fragile, diminution progressive de la masse musculaire, activité différente, charge mentale importante…
Prendre du poids après 40 ans ne signifie donc pas automatiquement que « vos hormones sont déréglées ».
En revanche, chez une femme dont les cycles ont changé, qui dort moins bien et constate une évolution de sa silhouette, ne regarder que le contenu de son assiette serait réducteur.
C’est l’ensemble du contexte qui mérite d’être regardé.
Parfois, il faut aussi regarder au-delà de l’hygiène de vie
Tout ne se résume pas à l’alimentation, au sommeil, au sport ou au stress.
Certaines situations médicales ou certains médicaments peuvent également influencer le poids. Une difficulté persistante ou inexpliquée à perdre du poids mérite donc parfois d’être discutée avec votre médecin.
Dans mon accompagnement, je peux m’intéresser à différents aspects de votre quotidien ainsi qu’aux données biologiques que vous me transmettez lorsqu’elles sont pertinentes. Cela ne remplace ni un diagnostic ni un suivi médical lorsque celui-ci est nécessaire.
L’objectif n’est pas de chercher absolument « ce qui ne va pas », mais d’avoir suffisamment d’informations pour arrêter d’avancer à l’aveugle.
Alors, par où commencer quand on ne sait plus ce qui bloque ?
Si vous êtes arrivée jusqu’ici, vous pourriez avoir envie de tout modifier en même temps. Mieux manger. Dormir davantage. Faire du renforcement. Marcher après les repas. Réduire votre stress. Surveiller votre glycémie…
Ce serait exactement l’inverse du message de cet article.
Lorsque vous avez déjà beaucoup essayé, la solution n’est pas forcément d’ajouter une nouvelle liste de choses à faire. La première étape peut simplement être de faire le point. Qu’est-ce qui est déjà bien en place ? Qu’est-ce qui mérite réellement votre attention ? Et surtout : quelles sont les priorités dans votre situation à vous ?
Parce que deux femmes qui viennent me voir avec exactement la même phrase « Je mange équilibré mais je n’arrive pas à perdre du poids » peuvent avoir besoin de travailler sur des axes complètement différents.
Chez l’une, nous nous intéresserons peut-être davantage à la structure des repas et à la glycémie.
Chez une autre, le sommeil et la récupération seront prioritaires.
Chez une troisième, nous regarderons plutôt son activité physique, son contexte hormonal, sa digestion ou certaines données biologiques qu’elle possède déjà.
C’est précisément pour cette raison que je ne travaille pas avec un programme tout fait.